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Apprendre plusieurs langues dès la petite enfance offre bien plus que la capacité de communiquer dans différentes langues.
Apprendre plusieurs langues dès la petite enfance offre bien plus que la capacité de communiquer dans différentes langues. Les recherches en neurosciences montrent que le multilinguisme influence non seulement la façon dont les enfants parlent, mais aussi la façon dont ils pensent, mémorisent et résolvent des problèmes.
Lorsqu’un enfant apprend plus d’une langue, les réseaux cérébraux liés à l’attention, à la mémoire et au contrôle du comportement s’activent. En pratique, cela signifie que les enfants peuvent concentrer leur attention plus facilement, passer plus rapidement d’une tâche à l’autre et mieux gérer les situations où ils doivent choisir entre des informations concurrentes (Bialystok, 2011). En apprenant et en utilisant plus d’une langue, les enfants renforcent les réseaux cérébraux impliqués dans la prise de décision, le contrôle de l’attention et la flexibilité cognitive (Abutalebi & Green, 2007). Ces changements se développent progressivement à travers les expériences linguistiques quotidiennes, en particulier pendant la petite enfance, lorsque le cerveau est particulièrement réceptif à l’apprentissage.
L’un des concepts clés est la neuroplasticité, c’est-à-dire la capacité du cerveau à se modifier et à s’adapter par l’apprentissage. Pendant cette période, les enfants sont particulièrement sensibles aux nouveaux sons et structures linguistiques, notamment lorsque la langue est vécue à travers le jeu, la communication et les situations quotidiennes (Kuhl, 2010).
Le projet Globetrotters reflète ces principes en introduisant les langues à travers des activités porteuses de sens et agréables pour les enfants, notamment des jeux, des dialogues, des jeux de rôle et des tâches de résolution de problèmes. Plutôt que de mémoriser des règles de grammaire, les enfants utilisent les langues dans des contextes réels et signifiants. Cela permet aux langues de devenir plus connectées dans le cerveau et plus faciles à mémoriser. De plus, les enfants âgés de 6 à 10 ans sont régulièrement exposés à une prononciation authentique dans sept langues différentes à travers les modules du projet. Écouter et répéter un discours authentique dans différentes langues renforce la conscience phonologique des enfants en les aidant à reconnaître et à distinguer plus efficacement des sons qui leur sont peu familiers. Avec le temps, cela favorise une prononciation plus claire et fait d’eux des apprenants de langues plus confiants et plus adaptables.
Au-delà de l’apprentissage des langues lui-même, l’expérience multilingue a été associée à de meilleures capacités de résolution de problèmes, à une plus grande flexibilité cognitive et à une résistance accrue à la fatigue mentale (Costa et al., 2009). Une idée reçue répandue est que l’apprentissage de plusieurs langues déroute les enfants. Les données montrent le contraire : les jeunes apprenants sont capables de séparer leurs langues et de passer de l’une à l’autre selon la situation, ce qui témoigne d’un développement cognitif sain plutôt que d’une confusion.
C’est pourquoi les activités multilingues menées dans le cadre de projets tels que Globetrotters vont bien plus loin que le seul développement langagier. Les guides du projet destinés aux enseignants et aux parents encouragent les adultes à explorer de nouvelles langues avec les enfants à travers des activités ludiques et porteuses de sens, créant ainsi un environnement propice qui renforce à la fois l’apprentissage des langues et le développement cognitif.
Références
Abutalebi, J., & Green, D. W. (2007). Bilingual language production: The neurocognition of language representation and control. Journal of Neurolinguistics.
https://doi.org/10.1016/j.jneuroling.2006.10.003
Bialystok, E. (2011). Coordination of executive functions in multilingual children. Cognition.
https://doi.org/10.1016/j.cognition.2010.10.014
Costa, A., Hernández, M., & Sebastián-Gallés, N. (2009). Bilingualism aids conflict resolution: Evidence from the ANT task. Cognition. https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S001002770600268X
Kuhl, P. K. (2010). Brain mechanisms in early language acquisition. Neuron. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0896627310006811